Il écrit mal pourquoi?

Les difficultés d’écriture sont de trois ordres :


Manque de fluidité/vitesse

Manque d’endurance

Manque de lisibilité



Le manque de fluidité/vitesse


a un impact direct sur la vitesse de l’écriture. Certains enfants appuient beaucoup trop fort sur leur crayon, cela ralentit le geste d'écrire en plus de provoquer une fatigue inutile. Il y a plusieurs raisons à cela, une des plus fréquentes est une instabilité au niveau du bras et de la main. Si par exemple, l'épaule n'est pas bien stable et bouge toujours en même temps que le corps bouge (sans dissociation), cela provoquera des mouvements qui viendront nuire au geste d'écrire. Un manque de force dans le bras provoquera le même phénomène. Pour compenser, l'enfant pèsera fort sur son crayon, créant ainsi une stabilité artificielle par un fort contact entre le crayon et la feuille.
Également lorsque l’enfant travaille en « bloc », il présente une difficulté à dissocier les différentes parties de son bras (voir le billet: Est-ce qu’il écrit avec son épaule: Écriture lente ou lettres trop grosses....). L'enfant n'arrive pas à faire de petits mouvements fins avec ces doigts, car il utilise son bras dans son ensemble. Cela le ralentit, car le mouvement est beaucoup plus grand que nécessaire.

Le manque d’endurance

résulte d’une trop grande pression sur le crayon et/ou d’un manque de force de la main. Je remarque très souvent, chez les enfants ayant des difficultés d’écriture que l’index (qui est celui qui guide et tient le crayon avec le pouce) manque de force. C’est souvent pour cela que le pouce ou le majeur viennent assister l’index pour stabiliser la prise au détriment, parfois, de la fluidité. Ainsi la prise du crayon devient à 4 doigts (voir photo) ou « en crochet » c'est-à-dire que le pouce se positionne par-dessus l’index. Bien qu'il est tout à fait possible d'écrire correctement, avec une bonne vitesse avec ce type de préhension, il peut arriver que cela ralentisse l'écriture ou diminue sa qualité ou l'endurance de la personne à écrire.





Le manque de lisibilité

Il se peut que les lettres soient trop grosses ou mal formées. En traitement clinique, je vois régulièrement un tracé des lettres qui n’est pas adéquat, bien souvent l'enfant trace ses lettres à l'envers. À ce moment, il n’arrive pas à passer à l’attaché, car le sens du tracé des lettres a été conçu pour permettre un passage facile du script à l’attaché.


Voilà donc les raisons qui sont, la plupart du temps, présentes lorsque les gens me consultent pour des difficultés d’écriture.

Fait à noter qu’une consultation en ergothérapie est requise seulement si la préhension du crayon entrave l’écriture. Une mauvaise préhension du crayon, un manque de force ou de dissociation, ne veut pas automatiquement dire que l’enfant présente des difficultés d’écriture. Le corps humain est très bien fait, mais imparfait. Il compense ses imperfections par divers moyens qui sont propres à chacun et donc fonctionne souvent très bien quand même. Il n’est donc pas nécessaire de consulter si l’enfant tient mal son crayon, mais il est nécessaire de le faire si l’écriture est difficile à acquérir ou empêche l‘enfant de faire correctement ses apprentissages. L’écriture est très présente dans une journée à l’école. Si l’enfant consacre trop d’énergie à faire le geste d’écriture, il en aura moins pour apprendre.


C'est de ces sujets et de bien d'autres dont nous discuterons le 24 avril prochain lors de ma formation Bien écrire: les bases de l'écriture. Cette formation a été conçue d'abord pour les enseignants de tous les niveaux, incluant l'enseignant d'éducation physique, mais les éducateurs, intervenants ou les parents sont les bienvenus. Par des exemples simples et concrets, nous apprendrons comme se bâtit un geste aussi complexe que l'écriture et vous repartirez avec plusieurs activités à faire en classe ou à la maison pour aider l'enfant, par le jeu, à mieux écrire.


Au plaisir de vous rencontrer!
 

Commentaires

  1. Ces approches physiques sont très intéressantes pour nous coachs. Je recommande souvent le stylo-plume pour l'enfant qui attaque la rédaction. Cet outil va le conduire à plus de soin, il va rendre son geste plus délicat. Il va aussi faire de la rédaction un exercice plus élaboré, plus soigné, et cela va contribuer à améliorer l'harmonie de son cerveau, qui entraînera une harmonie plus générale du corps, du comportement. La délicatesse, la pression juste, et ces sortes de bonnes manières de faire, dépendent avant tout de la vie intérieure. Et celle-ci se nourrit aussi des outils et des événements de la vie. C'est un va-et-vient constant.
    Merci !

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  2. Merci de partager cet article très important pour les enseignants et les parents d’élèves.
    Je soutiens les propos de Rémi en ajoutant cette petite expérience que j’ai vécue lorsque j’enseignais, il de ça bien longtemps. La plupart des élèves de ma classe utilisaient le stylo - bille, j’ai remarqué qu’une grande partie d'entre eux avaient de grandes difficultés de concentration : lettres illisibles ,absence de contrôle des mouvements , pas de respect pour les tailles des lettres ,ratures , etc. …j’ai donc décidé l’utilisation du stylo - plume pour tout le monde , et j'ai pu constaté après un certain temps une nette amélioration , l’écriture était plus soignée : propreté , lisibilité ,respect des tailles des caractères,etc …Au début ils étaient beaucoup plus lents ,mais à force de s’entrainer la plupart d’entre eux ont acquis la vitesse normale .

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  3. Votre commentaire m'intrigue...quand vous dites une plume, de quel type de crayon vous parlez? Celui avec lequel on utilise de l'encre dans un pot? Si c'est le cas, c'est fort intéressant. À mon avis leur capacité améliorée est probablement due à un meilleur contact sur la feuille, car cet outil offre beaucoup plus de résistance que tout autre crayon. L'information sensorielle reçue par cet outil est nécessairement plus intense.

    Merci pour votre commentaire.

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