Le sport dans le développement des adolescents.



Mercredi dernier, mon fils de 15 ans et moi, nous nous rendons à son école, intrigués par un courriel reçu la veille. Celui-ci nous informe « de rumeurs persistantes quant à la fermeture du collège ». Mon fils est en secondaire lV, devra-t-il faire sa dernière année du secondaire dans un autre établissement? Toute la journée, je m’inquiète. 

D’entrée de jeu, on nous annonce la nouvelle : le collège cessera ses activités en juin 2013! On nous explique que c’est en raison d’une diminution démographique de la population âgée de 12 à 16 ans. Dans mon esprit survient immédiatement une question : pourquoi c’est ce collège qui ferme ses portes le premier? Dans ma tête d’ergothérapeute, il devrait être le dernier à subir les conséquences d’une diminution démographique! Nous avions regardé toutes les offres autant publiques que privées lorsque nous avons fait le choix de ce collège pour mon fils. Nous avions fait le choix qui nous semblait le plus logique dans tout ce qui était offert; celui du sport. Pour moi, mais aussi pour mon garçon, bouger était une composante primordiale dans son cheminement scolaire. Il n’est pas d’un naturel sportif, il est plutôt du genre à avoir essayé tous les sports sans vraiment avoir performé, mais qu’importe, il aimait en faire. Il avait, comme beaucoup de jeunes de son âge, besoin de bouger. Ce collège offrait 7 cours de sport par 10 jours, c’est ce qui m’avait convaincu de lui offrir le collège privé. Pour moi, la question de public ou de privé n’a jamais été importante. Je suis allée avec succès à l’école publique et je voulais simplement pour mon fils une école qui pourrait convenir à ses besoins et c’est la meilleure offre que j’ai trouvée. 

Durant le discours expliquant la fermeture, j’en manque des bouts, les idées se bousculent dans ma tête et une question demeure, pourquoi? Effectivement, nous avons moins d’enfants, mais nous investissons beaucoup plus pour eux. Nous cherchons sans cesse à répondre à leur besoin et à nous assurer qu'ils exploitent leur plein potentiel. Bien souvent lorsque les parents ne peuvent pas contribuer financièrement, ce sont les grands-parents qui le font, j’en suis témoin assez souvent dans ma pratique privée. 

La question qui me gruge : serait-ce que les parents n'accordent pas d'importance au sport si l’enfant n’est pas de niveau élite? Le Collège Antoine Girouard offrait la possibilité à tous les adolescents d'exercer un sport comme s’ils étaient des élites, mais sans nécessairement en avoir les aptitudes. Ils avaient l’opportunité de décider d’une concentration sportive; natation, golf, basketball, soccer, etc. Le fait de pratiquer régulièrement une discipline en particulier permet de mieux réussir par la répétition des habiletés nécessaires à cette discipline. Et c’est quand on est relativement bon qu’on aime faire une activité.  Cela permet donc aux enfants ayant moins d'aptitudes naturelles d'en développer par la répétition.
 
J’ai mis au bas de ce texte des liens sur le besoin de bouger des enfants. Il y a un des reportages qui nous informe que pour la première fois de l’histoire, la présente génération vivra probablement moins vieille que la précédente en raison de sa trop grande sédentarité. C’est justement ce que la philosophie de cette école évitait. Mon fils, d’un naturel ordinateur, y a appris à faire du sport, un incontournable dans son quotidien. Dans son cas, il a particulièrement aimé l’entrainement physique avec les poids et haltères. Il s’entraine maintenant plus de trois heures par semaine. Je suis persuadée que la maxime « Réussir c’est du sport et c’est le but » fait maintenant partie de son hygiène de vie et qu’il poursuivra son entraînement tout au long de sa vie contribuant à le maintenir en santé. Combien d’études font également état des bénéfices de l’activité physique sur l’attention et l’apprentissage.

Avec 1400 élèves qui fréquentent le collège privé concurrent, je ne comprends pas ce qui a bien pu se passer. La seule hypothèse qui me vient est que le sport n’a pas su convaincre les parents, car notre société de performance valorise plutôt les programmes enrichis, d'élite, de langue ou autre. Je ne peux m’empêcher de penser à cette offre que nous avons eue lors de nos visites des différentes écoles de notre région « ici votre enfant aura l’équivalent de son CÉGEP 1 en secondaire 5 ». C’était la phrase à me dire pour ne pas me faire adhérer. En effet, je ne souhaitais pas faire « doubler » mon enfant volontairement, j’avais envie qu’il puisse vivre une expérience enrichissante dans toutes les facettes de sa personne. Pour moi, le sport, même si l'on ne fait pas partit de l’élite, est primordial et fait partie des moyens pour améliorer les comportements, l'attention et les résultats scolaires.

En sortant peu à peu de mes pensées, j’entends que mon fils pourra terminer sa scolarisation à cette école puisqu’elle poursuivra ses activités en tant qu’école publique. J’espère de tout cœur que sa philosophie et son esprit seront conservés par la nouvelle administration, nos garçons, mais aussi nos filles en ont tellement besoin!

Je veux prendre un moment pour remercier publiquement la direction et le personnel du Collège Antoine Girouard qui a su accompagner mon fils dans ses bons et ses moins bons moments. Merci d’avoir cru en lui et de lui avoir permis de comprendre l’importance de bouger et de faire du sport. Un merci tout particulier à Vicky Prévost pour son magnifique travail, tu as su lui donner espoir en lui donnant des objectifs de vie, qu’il poursuit encore et toujours. 

Commentaires

  1. Maintenant c'est fait, le Collège Antoine Girouard a écrit sa dernière page d'histoire le 20 juin. Une histoire qui aura duré 202 ans. J'espère que sa philosophie de mettre le sport en avant-plan pour nos adolescents sera un héritage qui lui survivra, car c'est une des avenues les plus prometteuses pour nos enfants ayant des troubles d'apprentissage et des troubles sensoriels.

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